Interview de Patricia Fosse par Marion Picard en mai 2009 pour le site Macrolivres (site de sélection de livres et d'ouvrages au service d'une vie saine et heureuse).
Les bénéfices personnels sont nombreux, en voici trois :
En résumé les rêves sont pleins de ressources intuitives pour la vie et contribuent au mieux-être.
Quand bien même on le voudrait, il n'est pas possible d'oublier les fondements théoriques qui ont été appris. Ils sont peut-être moins visibles extérieurement, cela ne les empêche pas d'être présents en arrière plan. Quand on habite une maison il est rare de penser spécifiquement aux pierres ou aux briques qui la constituent, sauf si quelqu'un vous pose une question à ce sujet !
Ma référence de base, ma première pierre est la méthode des associations élaborée par Jung. J'en ai ajouté d'autres par la suite.
Certains interprètes sont plus à l'aise avec une référence
théorique unique et, dans ce cas, ils contribuent à reproduire
et à conserver des connaissances existantes, une mémoire fidèle
dont nous avons besoin pour être relié à l'histoire
de nos prédécesseurs et avoir des racines. D'autres explorent
d'autres pistes, différentes, parfois mêmes opposées,
actualisent, modernisent le savoir à partir de ces fondements, ce qui
est indispensable pour faire évoluer les choses.
J'ai une approche que je souhaite en priorité pratique et accessible
: amener la personne à découvrir un message éclairant pour
le rêve qu'elle amène. C'est ce message qu'elle
va utiliser concrètement dans sa vie. Cela correspond à la partie
émergée de l'iceberg.Le processus d'interprétation
et d'accompagnement du rêveur est équivalent à la partie
immergée de l'iceberg. Il repose également sur des bases
éthiques et de conviction personnelle.
Amener la personne à découvrir le message de son rêve et
à se connaître n'est pas du tout la même chose que de
déclarer : « Voilà ce que votre rêve signifie ».
Le principe même du rêve est l'intégration, il réunit,
il condense des personnes, des animaux et toutes sortes d'êtres vivants,
des objets de différentes époques, des lieux variés. Quant
au symbole, élément de base du rêve, sa fonction est de
conjuguer les opposés.
Pourquoi lintuition s'opposerait-elle aux fondements théoriques
?
Il existe plusieurs sortes d'intuition. L'intuition est la saisie
immédiate de la vérité sans l'aide du raisonnement.
Par exemple vous devinez la fin d'un film ou le job de quelqu'un que
vous ne connaissez pas. C'est aussi le recours automatique à des
connaissances et expériences accumulées : par exemple chez l'expert
qui sait poser un diagnostique de façon immédiate dans son domaine.
C'est encore la faculté de prévoir, de deviner.
Quel rôle l'intuition joue-t-elle dans le processus d'interprétation
que je mène ?
C'est elle qui m'amène à poser certaines questions ou
à traiter de sujets qui font « tilt » chez le rêveur.
C'est elle qui amène le rêveur à laisser jaillir une
réponse « euréka ! » qui est une prise de conscience
significative.
Je reconnais l'existence et la valeur des rêves prémonitoires
qui sont des manifestations de l'intuition, au même titre que les
autres types de rêves.
Sur l'interprétation des rêves prémonitoires pas de processus,
il faut d'abord pouvoir l'identifier comme tel, ce qui n'est
pas toujours évident et ensuite traiter cette information de façon
adaptée. Je pense que l'intuition et le raisonnement peuvent cohabiter
de façon harmonieuse. Pour prendre une décision importante par
exemple, il est bon de s'appuyer sur les deux et notamment d'interroger
ses rêves.
Cette pratique de consultation de ses rêves pour le choix d'un conjoint
par exemple est, d'après ce qu'on m'a dit, encore répandue
dans la culture musulmane de nos jours.
Un phénomène est qualifié de paranormal lorsqu'il ne peut être expliqué par les lois naturelles connues. Le rêve prémonitoire reste encore associé à quelque chose d'extraordinaire qui n'est pas dans la norme. Imaginons que nous vivions dans un monde ou tout le monde a des rêves prémonitoires et de rares individus des rêves ordinaires, ce serait l'inverse !
L'interprétation des rêves prémonitoires donne lieu le
plus souvent à deux attitudes opposées à son égard
:
La croyance admirative inconditionnelle ou le déni catégorique
parce que les scientifiques ne savent pas encore bien l'expliquer et que
le phénomène est apparemment marginal.
Celui-ce ne semble ne concerner qu'une minorité de personnes. Qui
sait si, en observant systématiquement un maximum de rêves, chacun
n'y trouverait pas un ou plusieurs rêves prémonitoires ?
Une étude rigoureuse effectuée par le Dr David Ryback spécialiste
américain de psychologie auprès de 433 étudiants a mis
en évidence que 8,8 % de cette population avait fait l'expérience
de rêves prémonitoires. Qui sait si cette faculté onirique
de savoir à l'avance ne sera pas amenée à se développer
dans l'avenir de l'humanité ?
Les prises de position à l'égard de l'interprétation
des rêves prémonitoires sont un peu trop passionnées et
les résultats d'études approfondies encore insuffisants ou
trop peu connus du grand public ou pour y voir vraiment clair. Les croyances
du passé ont la vie dure ! Et quand elles délimitent étroitement
le monde des possibles, elles exercent une censure.
Le rêve prémonitoire a évidemment une relation avec notre
cerveau et notre système nerveux qui captent des informations à
longueur de temps.
Voici plusieurs hypothèses explicatives empruntées à la
recherche en physique, en psychologie, en biologie :
Je pense que nous ne comprenons pas encore très bien les phénomènes paranormaux, dont les rêves prémonitoires font partie. Un jour, nous saurons bien mieux les expliquer en intégrant les données de différents domaines de recherche, psychologie, biologie, parapsychologie, physique quantique Dans la réalité il n'y a pas d'opposition, c'est nous qui avons créé des barrières, des cloisonnements pour nous repérer et ne pas nous perdre dans l'immensité. Il arrive un moment où il faut les remettre en questions pour progresser.
J'ai découvert l'interprétation des rêves en 1990 après
avoir quitté mon premier emploi d'ingénieur agro-alimentaire dans
des conditions qui m'ont amenée à remettre profondément
en question mon choix professionnel. Les bilans de compétence étaient
moins répandus qu'aujourd'hui, je n'en connaissais alors pas l'existence,
aussi j'ai pris l'annuaire et demandé un rendez-vous avec un psychothérapeute
de la ville où j'habitais. Il se trouve qu'il travaillait sur les rêves
avec une approche jungienne. J'ai commencé à tenir mon journal
de rêves (depuis j'ai toujours continué) pour les consultations
hebdomadaires d'interprétation.
J'ai trouvé cette investigation passionnante et l'ai poursuivie depuis
lors.
Ma formation est au départ empirique, c'est à dire fondée
sur l'expérience de travail sur mes propres rêves, sur l'observation
et sur le questionnement à la fois de mes rêves, et à partir
de 1998, sur ceux de mes clients.
J'ai aussi lu, étudié, expérimenté la façon
ludique qu'ont les américains de pratiquer toutes sortes d'exercices
simples et créatifs sur les rêves. Je suis en quelque sorte
autodidacte dans ce domaine.
Il faut dire que l'existence de formations collectives à l'interprétation
des rêves et à leur utilisation est récente en France. Je
pense que l'apparition du partage des rêves en groupe développée
aux Etats-Unis dans les années 70, notamment par Montague Ullmann, enseigné
à l'université par Patricia Garfield, et encore diffusé
par Internet par Richard Wilkerson (années 90) y est pour quelque chose.
Ces pionniers ont servi de modèles aux créateurs de formations
axées sur les rêves, ils ont également modernisé,
vulgarisé la perception que le grand public avaient du savoir sur les
rêves et de leur utilisation.
Par ailleurs je suis formatrice diplômée et j'ai suivi de nombreux stages et formations dans d'autres domaines du développement personnel. Tout ceci a construit et continue de construire la façon dont j'aborde le contenu des rêves, les séances d'interprétation en individuel ou en groupe, et Formarêves, la formation modulaire à l'interprétation des rêves que j'ai créée. Probablement à cause de ma formation initiale d'ingénieur dont j'ai gardé le schéma, j'ai une approche méthodologique horizontale, c'est-à-dire que j'utilise des techniques et outils issus de différentes méthodes de développement personnel à partir du support du rêve pendant les séances d'interprétation (techniques oniriques bien sûr et aussi analyse transactionnelle, relaxation et visualisation, coaching, contes,...;).